Marly-le-roi
 

L’église Saint-Vigor

17 bis, route de Saint-Cyr
78160 Marly-le-Roi
Tél. : 01 39 58 49 00


À l’aube de l’édification du Château (1679-1685), Marly ne possède qu’une petite église en piteux état, érigée au XIe siècle. Louis XIV décide de la faire démolir et offre aux Marlychois un nouveau lieu de culte, l’église Saint-Vigor construite en 1688 par Mansart. 

L’architecte Jules Hardouin-Mansart est chargé de la construction de l’église. Il s’inspire d’une de ses dernières réalisations : l’église Notre-Dame à Versailles. La première pierre est posée le 24 avril 1688 par le contrôleur du château de Marly, Louis de Rusé. Elle sera consacrée à peine un an plus tard, le 1er avril 1689. Saint-Vigor est la seule église rurale construite par Jules Hardouin-Mansart.

La nouvelle église, dont la façade est trapue, surmontée d’une croix à fleur de lys, avec un clocher haut de 42 mètres, est tournée vers le midi. À l’intérieur, elle est richement ornée : l’autel en marbre avec des statues d’anges (classées Monuments Historiques en 1905) provient de l’ancienne chapelle de Versailles. Selon les rumeurs, Louis XIV aurait épousé Madame de Maintenon devant cet autel.

Sous une marche du chœur se trouvent les entrailles de Bontemps, premier valet de chambre du roi, gouverneur de Marly et de Versailles. À droite de l’autel, devant la sacristie, se trouve la chapelle du calvaire où le Christ en croix repose sur un support qui est le dossier du siège qu’occupait Louis XIV à l’église. Au-dessus de la porte de la sacristie, on peut voir la cloche nommée Ave Maria, datée de 1473, provenant du prieuré Saint-Etienne, qui fut donnée à l’église à la fin du XIXe siècle, par les propriétaires du Chenil, et sur laquelle est gravée un Saint-Michel terrassant un dragon.

Au transept gauche de l’église, l’autel est dédié à Saint-Thibaut. De chaque côté se trouvent des vitraux, dont l’un dû, en 1903, au maître-verrier Hirsch. Il représente le saint offrant au roi Louis IX et à son épouse Marguerite de Provence une corbeille de onze lys, présage des onze enfants qu’ils auront.

Il faut aussi remarquer dans la nef, la tribune d’orgue et la chaire en chêne sculpté.

L’église Saint-Vigor nécessite d’importantes réparations tout au long du XIXe siècle. La toiture, en particulier, est reprise de nombreuses fois. Les vitraux ont aussi beaucoup souffert et plusieurs d’entre eux ont été remplacés en 1948.

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Restauration des vitraux de l'église en 2013

Construire en 1689 sur les plans de Jules Hardouin-Mansart, premier architecte du Roi, l'église Saint-Vigor située dans le Vieux-Marly est l'un des plus beaux édifices du patrimoine marlychois. Elle conserve des vitraux à personnages réalisés vers la fin du XIXe siècle par les maîtres verriers Hisch, Carot et Champigneulle.
Au fil du temps, différentes altérations et dégradations de ces baies à vitraux historiques et de leurs protections extérieures sont apparues, préjudiciables à leur conservation. Les travaux de réparation et de remise en état de ces baies historiques et de leurs protections réalisés en janvier 2013 ont permis d'offrir un apport de lumière naturelle à l'intérieur du monument, proche de l'état d'origine.

 

Restauration de la Sainte FamilleRestauration de l'église Saint-Vigor (2015-2018)

Un chantier entre tradition et modernité
C’est en décembre 2012, à la demande de la ville – qui en est propriétaire en application de la loi de 1905 –, que l’église a fait l’objet d’un diagnostic général. Déjà, sans attendre, on entreprend la restauration des vitraux et la réouverture des deux baies d’origine du chœur qui avaient été murées, et l’église retrouve la lumière comme au temps de Louis XIV.
Le grand chantier débute fin 2015. Des fondations aux tuiles faîtières fuyardes, l’église est rongée par l’humidité. Les infiltrations abîment la charpente, fissurent la voûte, rongent les menuiseries... Et à l’intérieur, comme à l’extérieur, certaines réparations ont dégradé l’édifice.
Alors que les ouvriers commencent à assainir le sol et les fondations, l’impressionnant échafaudage vient encercler l’église et aussitôt les charpentiers, couvreurs, zingueurs, maçons, mais aussi les restaurateurs de retables, les restauratrices de tableaux et de statues prennent possession des lieux, des tableaux, des sculptures...
L'horloge de Saint-VigorLe chantier a réservé quelques belles surprises, comme les découvertes de la fresque polychrome sous la voûte du chevet, d’une dalle funéraire en pierre située sous l’estrade du transept ou encore d’éléments de maçonnerie peints. Sans oublier le retable primitif en pierre du maître-autel devant lequel fut installé, en 1710, celui que Louis XIV offrit à la paroisse de Marly et qui provenait de la chapelle provisoire du château de Versailles.
Entre tradition et modernité, ce chantier a fait quelques discrètes concessions au progrès technologique. L’horloge restaurée a ainsi été équipée d’un mécanisme électronique relié par un émetteur radio à la station d’Allouis (Cher) pour donner l’heure exacte. De même pour Antoinette-Éléonore, les cloches de 950 et 650 kilos, dont l’ordonnancement des sonneries annonce messes, vêpres, Jeudi Saint, baptêmes et mariages, enterrements et recueillements publics...

Partenaires
Cette restauration a été menée par la Ville de Marly-le-Roi, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Ile-de-France, du Conseil départemental des Yvelines et de la Fondation du Patrimoine.

Photos
La cloche de la sacristie> Corinne Prévost (plus haut, à droite) a restauré dans son atelier de Nesles-la-Vallée les tableaux de “La Sainte Famille”, “L’Adoration des Mages” et ceux, plus petits, représentant saint Pierre et saint Paul. La restauratrice est aussi intervenue sur le tableau du maître-autel, “La Prédication de saint Vigor”, évêque de Bayeux, œuvre peinte en 1862 par Friedrich Bouterwek.

> La cloche de la sacristie. Au-dessus de la porte de la sacristie se trouve une cloche nommée Ave Maria, datée de 1473, provenant du prieuré Saint-Étienne de Marly-le-Bourg. Elle fut donnée à l’église à la fin du XIXe siècle, par la famille Roland-Gosselin, alors propriétaire du Chenil. Sur la cloche sont gravés saint Michel terrassant le dragon, une crucifixion, une Vierge à l’enfant et une grande fleur de lys. Cette cloche est classée au titre des Monuments Historiques depuis 2016.
Crédits photo : Ville de Marly-le-Roi | François Travaux

 

 
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