L'Abreuvoir de Marly

L’Abreuvoir est l’une des dernières constructions du château de Louis XIV. Le bassin supérieur bénéficiait de trois jets d’eau.

Les murailles étaient décorées avec des rocailles. Des coquillages provenant des Antilles étaient fixés au mur des fils de fer. Certains de ces coquillages ont été déposés au Museum d’histoire naturelle. 4457 coquillages décoraient l’Abreuvoir.

Dans son livre “Marly-le-Roi, son Histoire”, publié en 1904, Camille Piton explique : « Les meulières et les grès mis en place, on mastiquait à feu le fond des bassins ; le tailleur de pierre faisait les trous pour sceller les crochets où l’on attachait la rocaille. Puis le serrurier, le fondeur l’épingleur façonnaient les arrêts et montaient les fils à l’aide desquels les coquilles étaient mises en place. »

Une partie des bornes en pierre provenaient de l’abreuvoir de Saint-Germain-en-Laye.
 

L'Abreuvoir de Marly, restauré en 2006 © François Travaux | Ville de Marly-le-Roi


Le saviez-vous ?

Alfred Sisley vécut à Marly-le-Roi de 1874 à 1877, dans une maison louée au n°2 de l'avenue de l'Abreuvoir. Ses nombreux tableaux peints à Marly-le-Roi et Louveciennes attirent l'attention de l'avant-garde artistique sur ces deux villages.
>> Chevaux étant arrosés à Marly-le-Roi, 1875
>> L'abreuvoir de Marly-le-Roi, 1875
>> La place du Chenil à Marly, effet de neige, 1876

 

Pour aller plus loin • Les chevaux de Marly
L'un des deux chevaux de Marly de Guillaume Coustou au musée du Louvre CC BY 2.5« Le dynamisme de l'art de Marly allait connaître son apothéose, bien après la mort de Louis XIV, lorsque son arrière-petit-fils, Louis XV, commande les “Chevaux de Marly” (1739-1745). Le parc avait été dépossédé sous la Régence de ses plus beaux marbres au profit du jardin des Tuileries, et l'Abreuvoir était resté vide des grands groupes de la Renommée du Roi. On s'adressa à Guillaume Coustou. Inspiré par les groupes antiques de Rome, les chevaux du Quirinal, mais aussi soucieux de simple vérité, le sculpteur se contente de montrer deux chevaux cabrés, vigoureux, maîtrisés par des palefreniers nus. Un souffle épique anime l'union contrastée de l'homme et de l'animal, crinière flottante, naseaux frémissants. Manifeste d'un certain naturalisme, car Coustou fit poser de vrais chevaux, le geste sait allier force dynamique et recomposition tournoyante de l'élan vital. Le peintre David ne s'y trompa pas qui fit transporter les marbres à l'entrée des Champs-Elysées, d'où ils sont venus au Louvre, dans un souci de conservation ».
Geneviève Bresc-Bautier, “Une promenade à Marly”, in Grande Galerie/Le Louvre, juin-août 2008.